…mais les gens en général doivent être forcés pour adopter un comportement particulier différent de leurs habitudes. Quand le prix de l’essence est bas, on se fiche complètement de notre consommation, et quand il est haut, on commence par crier haut et fort que les pétrolières nous volent, puis on cherche ensuite des solutions pour réduire nos dépenses. Mais que faire pour inciter les gens à économiser du carburant quand les prix sont relativement bas? Je vois trois possibilités qui mises ensembles pourraient composer une politique intéressante.
Premièrement, il y a la taxe directe sur l’essence. Relevez-là que je vous dis, relevez-là juste qu’a ce que les gens crient, puis relevez-là encore. C’est la façon la plus efficace d’influencer le comportement des automobilistes et constructeurs automobiles, vous n’avez qu’a jeter un coup d’œil de l’autre côté de l’étang chez nos cousins Français. C’est aussi la mesure la plus payante pour le gouvernement. C’est temps-ci, en ce qui les concerne, ça serait surement bienvenue. Par contre, cette mesure a le désavantage de s’appliquer également à tous sans égard à la situation sociale, bref elle frappe moins les riches. Mais que voulez-vous, tous ne peuvent pas avoir la même situation, c’est la vie.
Ensuite, pour se reprendre de l’injustice précédemment causée aux pauvres, il y a la taxe sur l’achat et l’enregistrement de véhicules énergivores. Imposer une taxe supplémentaire, par exemple, de 20% à l’achat de véhicules consommant plus de 10 litres au 100 km frappe directement le riche qui veut absolument partir seul de sa banlieue cossue au volant de son Cadillac Escalade pour se rendre au centre ville chaque matin. Par contre, le moins nanti an volant de sa Hyundai Accent, lui, reçoit un crédit vert sur ses frais d’immatriculation.
Finalement, certaines compagnies d’assurances avaient commencé à donner des rabais de primes au propriétaire de véhicules hybrides par la passé. Historiquement, les conducteurs de tels véhicules, ceux qui ont la fibre environnementale, sont moins à risque que les autres conducteurs. Malheureusement, avec la hausse du prix de l’essence et la démocratisation des véhicules hybrides, tout le monde et son voisin conduit maintenant une hybride. Les risques sont donc plus ou moins les mêmes de sorte que les avantages sur les primes sont diminués. Pour contrer une discrimination basée sur le véhicule, pourquoi ne pas introduite l’éco-permis? Il s’agirait simplement d’un attribut spécial du permis de conduire qui certifie que vous avez suivi un cours d’éco-conduite et que vous avez réussis l’examen de la SAAQ à cet effet. Un conducteur ayant suivi un tel cours représenterait un moindre risque et pourrait profiter d’une réduction de prime d’assurance peu importe son véhicule. De plus, une réduction de frais du permis de conduire pourrait aussi s’appliquer. Les nouveaux conducteurs devront peut-être bientôt intégrer l’éco-conduite à leur cours de conduite de base, mais l’éco-permis pourrait inciter tous les conducteur à suivre une telle formation.